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<< Inokashira Koen | Hanami - Regarder les fleurs | le Yukulelé le soir au bord du lac >>
Vu de France, la coutume ne m'était pas totalement inconnue mais me paraissait tout au plus pitoresque. Difficile alors d'imaginer la valeur de ce moment unique. Le cerisier, Sakura, n'est pas cet arbre rabougri oublié au fond de quelque jardin de banlieue. Sakura est omniprésent, séculaire, tricentenaire... le platane parisien ? pfut, de la petite bibine. Sakura hanami est à la fois explosion de la pureté virginale retrouvée et toute puissance fugace de l'éjaculation. Un moment d'éternité, une petite mort.
Impossible à représenter, évidemment, la nuit... Mon aquarelle est aussi impuissante qu'un appareil photo. Frustration récurrente tout au long de ce voyage : les fleurs de cerisiers se dessinent autrement qu'à coup de pinceau de poil de sanglier ! (donc, Hanami, gniagniagnia éjaculation, toute puissance, et moi, gniagniagnia pinceau, impuissant : alleluah vive freud !)
Je publie ce dessin pour ce petit trapèze en bois au bord de l'eau dans les branches de cerisiers aux fleurs evanescentes (il vaut mieux préciser vu la qualité du dessin) : un portique (Tori ?) Shinto, symbole d'équilibre et de nature. Comme l'avait remarqué Nicolas Bouvier (chronique japonaise), l'art du compromis japonais se manifeste de façon exemplaire dans le syncrétisme abouti entre croyance primaire et animiste, le culte de la nature Shinto, et la croyance "d'importation", le boudhisme, qui s'impose de Chine à partir du 8e siècle. Difficile pour un profane de faire la part des choses (on comprend seulement qu'il y a du shintoïsme dans le Boudhisme et vice versa), sinon que cela rend ce Boudhisme là particulièrement séduisant, d'un point de vue esthétique...
Publié par carolas à 00:45:21 dans Japan... loin des clichés | Commentaires (0) | Permaliens