Récemment, un événement important est venu recentrer mes émotions picturales sur une dimension jusqu’alors secondaire, mes objets privilégiés étant habituellement d’ordre social, sensuel, « hybrique », artistique (arts vivants, musique). La disparition de mon oncle Robert, un de ces héros inconnus des temps modernes dont je n’ai pas encore la force de parler ici, m’a plongé dans une forme d’introspection familiale : célébrer les siens, interroger ses racines, les vertus et les tares.
Grâce à Robert, qui a veillé et œuvré ces dernières années à instruire la généalogie familiale, j’ai découvert des oncles Dupeyron garagistes à Oberkampf dans les années 1880, après trois siècles de « cuterrage » auvergnat (Mauriac et ses alentours), des bisaïeules féministes, adultérines et manoeuvrières, spoliant de petites fortunes à Neuilly-sur-Seine, un vrai roman, j’ai retrouvé aussi un jeune cousin…