Lors de notre premier voyage, un dimanche de septembre 2004, nous rencontrons un vénitien jovial, sa femme et son chien, attablés à la petite pizzeria de la place de l'arsenal. L'endroit est remarquable de tranquilité et d'authenticité. Giorgio, de son prénom, après un repas copieux, refile ces spaghetti al sepie neru à son gros chien. C'est un habitué qui habite à deux pas d'ici, campo de celestia, et le patron, un vieux complice, ne s'en émeut guère. La scène tient plutôt du rituel.
surtout, c'est le portait craché, ou plutôt un mixte de mon grand père et de Claude Gabin Caillard.
Le premier dessin vénitien lui est offert (dieu sait si c'est rare). Nous sympathisons. conversation animée (nous en apprenons un rayon sur Venise, je m'en aperçois après coup) ; échanges d'adresse, de mails, promettons de nous contacter au prochain voyage...
MAis comme je suis un gros con timoré, au prochain voyage, je vais jusqu'à sa porte, je fais ce dessin, je l'aperçois lui et son chien qui a donné l'alarme ... et puis basta.
Depuis, je prends chaque fois le vaporetto 41, promenade et pensée émue à la station Celestia. C'est comme ça.