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poularde Dromesko

 

Nous commençons à peindre bien tard ce vendredi avec Stéphanie à l'atelier. Je tatonne, pendant qu'elle avance à grande allure son organdi, puis nous "accouplons" les deux toiles en les tamponnant l'une face contre l'autre. Ma toile récupère des bleus intenses de cette impression, que je cache ensuite en partie avec le collage d'une sorte de négatif d'imprimé récupéré par Cyril, et qui représente une forme de rêve américain, la pin-up sur bannière étoilée.

De notre discussion pendant le travail, apparaissent des mots cachés ensuite partiellement, GOya, Saudade, bichique, boy.

Du boy devenu visage et oeil, coulent des lagrimas, larmes de gris intense imaginées, perçues et réalisées par Stéphanie, deux heures auparavant : comment se fait-elle qu'elle ait perçu a priori la trame de cette toile, et avant même que celle-ci émerge dans ma conscience ?

Livré à moi-même (Stéphanie est rentrée chez elle), je tente d'organiser le cloaque en conservant des tons frais que j'ai aimé : surgissent un coeur, une ailes, des volatiles. Surtout, je dois réussir à peindre, structurer avant l'arrivée de Jeannot prévue vers 20h. Mes pensées vont vers lui, mon empathie battant à son comble en craignant qu'il n'apparaisse pas, et ressentant déjà l'accuité de sa blessure. La situation est paradoxale, je me réjouis de le voir, tout en sachant que cette venue est signe d'un grand malheur.

C'est alors que le "miracle" se produit : l'aigle poularde cattoen apparait sans opération consciente de ma volonté. Bien qu'un peu sâle, la toile témoigne de sa force, des combats à mener, de sa blessure mais aussi de la douceur innée du personnage à travers cette comositin de tons clairs et doux : l'aigle et la poularde...

Dromesko, pour les volatiles de la volière, encore présents de la séance de crobardage du jeudi au théâtre Sylvia Montfort, et l'un des messages de leur pièce "Arrêtez le monde, je voudrais descendre : présence de la foule, de la danse des humains en société, tantôt prédateurs, tantôt moutonniers.

Au final, j'aime ce travail, même si je reconnais qu'il manque encore bien des choses.

La reproduction ci-jointe n'est pas très bonne, c'est un moyen format, difficile de rendre cette toile de 100x100cm sur un timbre poste...

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